Lettre d’information MEDICAERO décembre 2016

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Après 50 à 70 km parcourus à pied ou en charrette à zébus, l’attente est néanmoins longue. L’ambiance reste joyeuse. Il y a foule. Tous ne seront pas vus car la nouvelle de notre arrivée fait gonfler les effectifs.
Après le grand désordre de l’année dernière les femmes s’organisent. Elles s’agrippent à leur numéro ou guettent  le petit carnet déposé dans la pile à la porte du cabinet de consultations. De la fluidité de l’efficacité c’est l’autogestion en brousse sans secrétaire avec toujours un sourire pour celui qui va l’accueillir. Peut-être une réponse, un traitement pour comprendre et guérir de tous  ses troubles.

 

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En attendant les progrès avec les étudiants en médecine venus pratiquer en brousse, l’ouverture de l’hôpital imminente, on soigne le tout-venant, les urgences trop différées, on repère les cas graves, on oriente au mieux vers les structures chirurgicales souvent trop éloignées pour une intervention indispensable.
On reconvoque pour un suivi, on ébauche un dossier médical. Nous progressons vers la traçabilité des malades.

 

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Les nouveau-nés sont rarement examinés dès la naissance jusqu’à l’âge de quatre mois. Cette période est pourtant fondamentale pour dépister à temps les malformations cardiaques ou orthopédiques car un dépistage précoce fait tout le pronostic des maladies vitales ou handicapantes. Les réseaux s’organisent depuis la brousse pour trouver une prise en charge soit à Madagascar soit en France.
Il nous faut  informer, former les médecins les infirmiers les sages-femmes afin de nous alerter pour une prise en charge précoce.
Il y va de l’avenir de la société malgache très féconde.

 

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Grâce à vos dons qui permettront l’acquisition de matériel spécialisé portable en ophtalmologie, Medicaero va opérer en avril 2017.  Les premières interventions de cataracte en brousse vont redonner la lumière à la vie  de trop jeunes aveugles. Quel Challenge pour nous tous et ce n’est qu’un début !

 

                                                                                                      Alors on continue avec vous et grâce à vous.

 

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Le ministère de la santé et celui de l’enseignement ont bien pris la mesure de ces enjeux.
Sur constatations et propositions de medicaero depuis 18 mois le système de Sante a pris conscience de l’urgence d’un investissement en matériel de santé. Un bloc chirurgical va bientôt ouvrir ses portes à Ampanihy. Il constituera un socle sanitaire dans ce district enclavé.

 

 

INSTANTANE par Françoise et Jean-Claude Dermatologues et Anne Chirurgien Pédiatre

Justom,  agent de Santé en charge du planning familial, nous sert lettre-d-info-6d’interprète, il appelle les patients après avoir réceptionné le petit carnet sur lequel sont résumées les précédentes consultations.
La maman de SILIVIA âgé de 4 ans s’inquiète pour la brûlure survenue il y a plus de 48 heures.
Ils habitent loin et ont dû marcher toute la journée d’hier pour être présents ce matin.
La mère soutient le membre supérieur de l’enfant qui ne se plaint pas, le bras a doublé de volume, l’œdème est si important qu’il déborde l’épaule droite sur l’hémithorax,les doigts boudinés ne font qu’un, l’épiderme de l’avant-bras est soulevé par de vastes phlyctènes qui se déchirent au moindre frottement.
La brûlure consécutive à l’immersion du bras dans une marmite d’eau bouillante est circulaire, elle est de ce fait grave car constrictive, gênant l’oxygénation des tissus cutanés.
Il s’agit d’une brûlure de 2nd degré au pronostic sévère.
Son étendue et le siège des lésions font craindre la survenue de brides rétractiles gênant ultérieurement les fonctions de la main et du bras invitant à faire un pansement avec bras en extension et les doigts séparés pour prévenir les séquelles fonctionnelles.
L’absence de soins pendant les 48 heures explique la surinfection, elle justifie l’antibiothérapie générale et la nécessité de revoir l’enfant le lendemain pour vérifier à la fois son efficacité et s’assurer que tout est en place pour que l’enfant puisse bénéficier de pansements répétés.
Nous expliquerons à la maman et à Justom comment les faire,
le lendemain comme prévu nous avons revu l’enfant très amélioré ,
avec surtout l’assurance que les soins seront suivis, car la maman a trouvé un logement chez un proche parent qui l’accueille le temps qu’il faudra , solidarité…….
Nous repartons l’esprit tranquille !!!
Sans cette solidarité que serait-il advenu de la cicatrisation en l’absence de suivi.
Nous aurons des nouvelles par Justom l’agent de santé devenu infirmier.

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